Log in •  Log in to check your private messages •  Register
 
 Le Fal'Loram Next topic
Previous topic
Post new topicReply to topic
Author Message
Yemi Sui
Admin

Offline

Joined: 05 Nov 2005
Posts: 7,257
Localisation: Wizeast
Âge: Demandez-lui...
Race: Demi-Elfe
Classe: Sage
Niveau: 18

PostPosted: 07/11/2007 19:09:53 Reply with quoteBack to top

Fal’Loram est une arène clandestine, dans le fait qu’elle n’est pas autorisée par les autorités de Marvem. Il y a pour expliquer ceci trois raisons majeures, en plus de plusieurs autres négligeables. La première est qu’en ce lieu, on encourage à blesser, tuer, torturer. On offre des primes à ceux qui amusent le plus le public dans le macabre et la bestialité sanguine et sans nom. D’autant que rien n’est limité, mais le sang seul sert de monnaie d’échange. La seconde est que les paris dépassent de loin les limites autorisées. Des sommes astronomiques changent de main en ce lieu, et des fortunes peuvent se faire et se défaire en un combat de quelques secondes. C’est d’ailleurs ici que les plus grandes richesses se sont vues devenir les plus pauvres des demandeurs… La troisième est qu’enfin, on peut y trouver des combattants qui n’ont pas le droit de combattre ailleurs. Soit parce qu’ils ne sont pas entrés légalement en Marvem, soit parce qu’ils sont déserteurs, renégats ou évadés qui ont besoin d’argent. Certains font même venir des monstres venus de tous les coins d’Erlatis. Mais ce que le peuple ne voit pas, c’est qu’il y existe un trafic d’êtres vivants colossal, regorgeant d’une diversité raciale assez prononcée. Fal’Loram est connue par les initiés à ce genre d’arène comme l’une des plus sanglantes, elle attire donc les plus riches et les plus fervents adeptes de tortures parmi les citoyens de ce monde. Il en existe cependant plusieurs autres à travers Erlatis et même simplement Marvem. Il suffit d’avoir les oreilles tendues et de savoir qui écouter pour les trouver… En l’occurrence, celle-ci se trouve sous le manoir de l’un des plus puissants Drows de ce district…

____________________________________
Image
Visit poster’s website
Xan
Chevalier Noir

Offline

Joined: 26 Sep 2006
Posts: 1,277
Localisation: Arène
Âge: 10023
Race: Ange Déchu
Classe: Chevalier noir
Niveau: 12

PostPosted: 07/11/2007 19:13:01 Reply with quoteBack to top

Plusieurs personnes chuchotaient sur lui, parmi l’assistance. Pour s’en moquer ou s’en offusquer. C’était un homme tout de noir vêtu, des pieds à la tête. Emmitouflé dans une longue cape faite apparemment d’écailles de quelque chose, on ne voyait le reste de ses vêtements que lorsque c’était son tour. Il portait un pantalon large et léger, tenu par une ceinture à laquelle étaient pendus deux fourreaux, contenant deux épées longues de plutôt bonne facture. En guise de haut, il affichait un vêtement très léger qui possédait l’originalité d’avoir la manche gauche tombant jusqu’au poignet, et de ne pas avoir du tout de manche droite. Mais son bras droit était masqué par des bandages qui disparaissaient son le haut. D’ailleurs, sa main gauche aussi était bandée, et les bouts de tissus laissaient deviner qu’ils remontaient sûrement aussi haut que ceux du bras droit. Et pur en terminer avec ses vêtements venait cet étrange bout de bois qui dépassait au dessus de son épaule droite. L’une des personnes du public avait suggéré qu’il s’agissait d’un manche d’épée. Tout le monde était d’accord pour affirmer que cela y ressemblait, mais chacun savait pertinemment qu’il était impossible de combattre avec quelque chose d’aussi énorme. D’ailleurs, peu devaient être capables de simplement la soulever. Non, il fallait arrêter de divaguer. Ce devait être un bâton, rien de plus. L’homme, sûr de lui, avait insisté, mais il fut raillé et on l’isola dans un coin, où il afficha un air boudeur.
 
Mais cet inconnu, même en dehors de son attirail couleur nuit, restait une des plus étranges qu’on ait jamais vu dans cette compétition. A cause de ses traits et de son attitude. Il était beau, sans nul doute. On aurait dit un ange. Pourtant, ses cheveux mi-longs noirs, ses yeux gris acier, et son visage continuellement de glace le rendaient presque effrayant. Depuis qu’il était là, et ça faisait un moment, personne ne l’avait jamais entendu parler, si ce n’était le guichetier qui l’avait inscrit, et encore, selon celui-ci, l’énergumène n’avait articulé que quelques mots. Un véritable original, comparé aux participants habituels. Généralement, chacun clamait haut et fort qu’il était le meilleur avant de finalement se faire écraser par meilleur encore au bout de quelques jours. Mas celui-ci restait invaincu depuis près d’un mois. Mais cela ne lui apportait pas le moins du monde le soutien des spectateurs. Avec lui, le spectacle ne durait à chaque fois que quelques secondes. Et les nobles présents appréciaient le changement. Voir les participants souffrir, perdre leur sang et leur raison, et s’enrichir grâce à cela. C’était uniquement pour ces raisons qu’ils choisissaient l’arène clandestine de Fal’Loram plutôt que celles de Gyrin, ou le Coloseum. Ici, on encourageait la torture, et on avait le droit de parier sur les vainqueurs. Des sommes astronomiques changeaient de main en ce lieu. Pourtant, l’endroit était étroit, humide, mal éclairé… aménagé dans le sous-sol du manoir d’un des Drows les plus puissants, qui faisait payer à prix d’or les entrées. Quiconque tentait de lui faire de la concurrence en tentant la même expérience disparaissait inexplicablement. Un manoir qui se trouvait Les Elfes noirs, avides de souffrance et de torture, sentiments qu’ils ne pouvaient retrouver en Marvem sans enfreindre les lois, se battaient presque pour pouvoir assister au spectacle. A Fal’Loram, il n’y avait aucune règle. Chaque combat pouvait entraîner la mort. Et si le perdant se faisait arracher tripes et boyaux avant de finalement succomber, tant mieux. Le prix pour les participants était lourd à payer, mais qui gagnait le tournoi de chaque journée recevait un prix de grande valeur. Et lorsqu’on ne trouvait tout de même pas de participants, on faisait venir des esclaves et autres créatures d’Outre-terre, les sous terrains devenus patrie des Drows après leur exil, afin de ne pas décevoir le public.
 
Pour en revenir au sujet principal de conversation du public en question, donc, il ne s’attirait, depuis qu’il était là, que mépris et dégoût de la part de ses hôtes. A chacun de ses combats, on le sifflait, le huait, le maudissait… Chacun voulant enfin sa mort, et jusqu’à présent, leurs espoirs furent déçus jour après jour.  Si l’on s’offusquait en parlant de lui, c’était à cause de son comportement. Il n’avait pas du tout l’air concerné par leurs requêtes de sang et de souffrance, et n’y répondit même pas lorsque l’organisateur en personne lui demanda de « jouer » un peu avec ses victimes. Si l’on se moquait de lui… c’était surtout à cause du mort-vivant qui le suivait partout. Un squelette aux os particulièrement blancs, qui lui n’arrêtait pas de jacasser, et faisait la conversation à tout ce qui passait à sa portée. Dale, avait-il dit se nommer, se décrivant rapidement d’un charmant surnom qu’on lui avait attribué, selon lui, à tort, « Le Poète Timbré ». Aux yeux, et surtout aux oreilles, de quiconque avait passé plus d’une minute avec lui, le sobriquet était amplement mérité. La seule et unique chose dont il refusait de discuter, c’était l’étranger qu’il accompagnait, expliquant que ce dernier l’avait menacé de mille morts s’il disait quoi que ce soit à son sujet. Ce à quoi on était tenté de répondre qu’il était déjà mort, mais le cadavre ne vous laissait pas en placer une. Enfin, si en ce moment même on parlait beaucoup de lui, en s’offusquant ou se moquant, c’était parce qu’il était assit par terre, adossé contre un mur, et semblait assoupit, tandis que la compétition battait son plein.

 
******** 
  Il avait obtenu la partition de la Liche depuis deux ou trois semaines, plus ou moins. Il n’était plus vraiment sûr, c’était assez flou dans son esprit. Depuis lors, il n’avait fait que se déplacer, chassant le monstre, et plus particulièrement les sbires de Kelgronos. Enfin, c’était peut-être finalement eux qui le chassaient, le Dieu des carnages envoyant ses démons de l’Autre Lieu de temps à autre, espérant toujours venir à bout de ce misérable insecte qui résistait à sa volonté. A force de errer, il finit par se perdre totalement. Il avait traversé d’immenses plaines, il lui semblait avoir passé quelques jours dans le désert, avoir grimpé des falaises escarpées. Il ne volait pas pour se déplacer, ou du moins, le moins possible. Pour entraîner son corps autant que parce que cela les fatiguait, et qu’il ne savait pas quand il aurait un besoin vital de s’envoler. Il finit par se retrouver, sans vraiment savoir comment, dans une petite cuvette de quelques centaines de mètres de diamètre, vaguement ovale. Le sol était plat et égal, recouvert d’herbe et des fleurs, et il y avait même un petit bois contre les falaises de l’Est, et un étang contre celles de l’Ouest, d’où naissait un ruisseau qui s’écoulait par la seule issue possible, au Sud, un petit écart entre deux pics. C’était par là qu’il était arrivé, et lorsqu’il regarda derrière lui, hormis Dale, il ne vit que d’autres montagnes plus hautes encore. Cet endroit était totalement isolé, et aucun sentier n’y menait. Juste une paroi à peine praticable, que l’ange ne se souvenait pas vraiment avoir grimpé. Depuis quelques temps, il était encore plus renfermé, si bien qu’il ignorait presque totalement ce qu’il faisait et où il allait. Le squelette fou, lui, ne semblait pas s’en rendre compte, ou alors jouait bien la comédie. Ou bien peut-être était-il simplement ravi qu’on ne l’interrompe plus durant ses longues tirades et ses poèmes.
 
Le sombre paladin se retrouvait donc là par hasard. Et étant donné qu’il n’y avait aucun monstre dans le secteur, il s’apprêta à faire demi-tour. Mais il vit, très loin, près de la falaise Nord, une maison. Plutôt une bicoque. Une petite battisse en bois, qui ne devait pas dépasser les vingt mètres carrés de surface. Qui donc avait bien pu construire ça dans un endroit aussi inaccessible ? Il n’en avait évidemment aucune idée. Mais il était fatigué, et la nuit tomberait bientôt. Un endroit à l’abri du vent le changerait du quotidien. Il restait silencieux tandis que le Poète Timbré ne cessait de s’extasier en commentaires sur la beauté de cet endroit. Des jacassements qu’il ignorait à l’époque, et dont il était incapable de se souvenir aujourd’hui, évidemment, même en rêve. Ils comblèrent la distance qui les séparait de la maisonnette en quelques minutes, et pourtant, le ciel commençait déjà à s’assombrir. Alors que Xan allait poser sa main sur la poignée, celle-ci se tourna et la porte s’ouvrit de l’intérieur. Le chevalier noir se retrouva nez à nez avec un vieil homme aux cheveux blancs coiffés en brosse. Une moustache broussailleuse sous le nez, il lorgnait d’un regard dur et méprisant ses visiteurs. Aux yeux du déchu, cet homme avait tout d’un ancien militaire. Peut-être un chevalier. Il afficha presque un air de dégoût en dévisageant le squelette, qui lui rendait la pareille, ce qui expliquait son silence momentané. (Sans l’air de dégoût, naturellement.) Le vieil homme aboya presque sur les deux étrangers, d’une voix grave, enrouée par les années.

 
« Qu’est-ce que vous faites là ? Qu’est-ce que vous voulez ?
-Et toi, le vieux, qu’est-ce que… »
 
L’ange noir l’interrompit d’un geste de la main, songeant qu’il n’était peut-être pas sage de laisser parler le squelette givré en cette situation.
 
« L’hospitalité. Pour cette nuit seulement. Demain à l’aube, on s’en ira.
-C’est à toi, répondit le vieux d’une voix étrangement fluette, tout à coup.
-Pardon ?
-Allez, Xan, c’est à toi, répéta-t-il d’un ton suppliant, toujours avec la voix de Dale, tandis que l’image du vieil homme, elle, s’énervait.
-Mais qu’est-ce que… »
 
Il lui fallut un moment pour se rendre compte que les paroles de l’ermite n’allait pas du tout avec le situation, et un dernier « Allez, réveilles toi ! »de Dale pour qu’il se rende compte qu’il était en train de rêver.
 
******** 
  Le chevalier noir se redressa et s’étira. Il avait l’habitude de dormir contre sa lame, et il n’avait pas les muscles raidis, en général. Cependant, c’était la première fois depuis qu’il l’avait quitté qu’il rêvait du vieil homme, et ça l’avait plus ou moins agité apparemment. Il avait mal dormi et quelques courbatures naissantes. Mais ce n‘était pas le moment d’y penser. Dale le secouait, enfin essayait, tout en lui rabâchant :
 
« Allez, dépêche toi, ça fait bien deux minutes que tout le monde t’attend.
-Ca va, ça va, j’y vais, marmonna le combattant. »
 
Il se redressa et se dirigea vers l’arène, sous les yeux mécontents et méprisants des Drows. En fait de lieu de combat, on n’avait simplement prévu un cercle de terre sablonneuse, entouré de barrière pour empêcher les participants de fuir. La zone étant entièrement encerclée par les spectateurs, ces derniers étaient aux premières loges, pour leur plus grand plaisir. Xan les méprisait. Tous autant qu’ils étaient. Pour leur soif de sang. Pour leur envie de meurtre. Pour leur dépendance à la souffrance d’autrui. C’était répugnant. Non pas que lui-même ressente de la compassion pour les souffrants… Non, selon lui, ils n’étaient que faibles. Ils ne méritaient pas l’attention que leur portait le public qui l’entourait. En un sens, il était peut-être pire qu’eux dans l’arrogance et la confiance en soi… C’est à cette pensée qu’il songea qu’il avait bien changé depuis qu’il était devenu un ange. Il avait d’abord voulu résister à sa nature de déchu. Avait voulu continuer sa tâche angélique. Avait même espéré en redevenir un. Mais depuis, il était allé de désillusion en désillusion. Aujourd’hui, il était plus sûr que jamais qu’il avait été faible. Et qu’à présent, il était fort. Mais pas le plus fort… Non, pas encore le plus fort…Sortant de sa torpeur, il remarqua son adversaire, apparemment très énervé d’avoir du patienter si longtemps. Il s’agissait d’un Vork. Du moins c’est ce que laissaient penser ses défenses et sa queue de singe. Agitant une épée à deux mains, il trépignait, prêt à en découdre.
 
« Ca y est ? Sa majesté est prête ? On peut commencer ? »
 
Pour toute réponse, l’ex paladin dégaina l’épée longue qu’il tenait en main droite. Il l’avait gagné ici. Une épée de facture naine, particulièrement bien effilée, capable de trancher des cottes de mailles. Elle ne possédait pas de pouvoir particulier, mais le déchu appréciait son équilibre, et son aspect, noir d’encre, avec une garde représentant un crâne en son centre, entouré du squelette de deux ailes de démon. C’était macabre, mais esthétique. Voyant que le « champion » ne se décidait pas à parler, le Vork s’énerva encore plus.
 
« Tu compte affronter mon épée à deux mains avec ce petit couteau ? Je vais te montrer, moi ! »
 
Et il se fendit d’un puissant coup vertical, de haut en bas. Vif et rapide, l’ange se déplaça sur sa droite juste assez pour que la lame le frôle, tandis que l’épée d’encre transperçait la gorge de son agresseur. Le corps se crispa un instant, tandis que ses mains lâchaient leur arme. D’un geste ample, l’ange arracha son épée à sa prison de chaire, projetant une belle vague de sang sur une des Drows présentes. Celle-ci sembla en extase, léchant le liquide partout sur son corps. A voir son expression, Xan se demanda si elle n’avait pas atteint l’orgasme. Ses amies venues avec elle se partageaient en deux groupes. Celles qui dévisageaient le vainqueur d’un regard mauvais, lui reprochant de ne pas les avoir aspergé elles, et celles qui léchaient leur amie, tentant de tomber dans le même état qu’elle. Dégoûté par cette débauche de sentiments à la fois vulgaires et malsains, l’ange essuya sa lame sur les vêtements du macchabée tandis que l’arbitre - qui n’avait strictement rien à faire dans ce genre de rencontre, étant donné l’absence de règles – l’annonçait comme gagnant. Le chevalier retourna contre son mur, s’asseyant près du squelette. Ce n’était que le premier tour, il y en aurait d’autres.
 
« Encore une victoire facile, déclara gaiement son mortel compagnon. »
 
Oui, encore une, songeait l’intéressé. Et pourtant… S’il n’était ni à Gyrin, ni au Coloseum, c’était parce qu’il savait ce qu’il y trouverait, et que ça ne l’intéressait pas. Il cherchait de nouveaux adversaires, de plus en plus forts. D’où sa quête d’arènes clandestines. Il avait espéré qu’on lui opposerait des guerriers clandestins dans le pays venant de loin. Des créatures venant des confins de la terre toutes plus terribles les unes que les autres. Et au lieu de ça, il ne trouvait que des hommes moyens, appâté par le gain et rien d’autre. Ce ne devait pas être la saison… Fal’Loram était pourtant réputée pour ça… Cela faisait presque un mois qu’il patientait en quête d’un véritable combat ici. Peut-être était-il finalement temps de s’en aller, et de chercher ailleurs…

____________________________________
"Je le verrais mort... Et je sacrifierais tout pour ça."
Image
Nedland Uzuln
Rôdeur

Offline

Joined: 22 Nov 2007
Posts: 209
Localisation: Par-ci par-là
Âge: 17
Race: Demi-Drow
Classe: Rôdeur
Niveau: 5

PostPosted: 25/11/2007 15:19:41 Reply with quoteBack to top

La suite de cette journée n’allait sûrement pas manquer de décevoir le Chevalier noir une fois de plus. En effet, parmi la foule maugréante de spectateurs déçus par la rapidité de ces combats qui faisaient perdre tant de son intérêt à cette arène se trouvait un jeune homme. Celui-ci était étonnamment calme comparé au monde qui l’entourait. Récemment arrivé, il assistait alors à son premier combat dans cette arène. Bien que son calme puisse paraître étrange et ses vêtements d’une couleur inhabituelle pour le lieu, sa présence passait presque inaperçue. En effet, le souvenir des derniers Drows auxquels il avait eu affaire ne lui avait pas été des plus agréables, ce qui le poussait à une certaine discrétion. Il n’en avait plus vu depuis ce fameux soir qui fit de lui un orphelin complet (quoique, vu l’état dans lequel il s’était trouvé par la suite, pas si complet que ça). A vrai dire, il se demandait si il recelait un souvenir pire que celui-là dans sa mémoire. La réponse à cette question demanderait du temps à être réfléchie. Il restait néanmoins fasciné par cette race dont il faisait (à moitié) partie et dont il ne connaissait pratiquement rien.

Bien qu’une quantité non négligeable de sang Drow coulât dans ses veines, il se sentait mal à l’aise parmi un public aussi concentré en individus de cette espèce. Il en vint une fois de plus à se demander si il n’avait pas fait une erreur de plus en s’aventurant dans ces souterrains.

Nedland se revit encore quelques mois auparavant. Il avait quitté son village assez rapidement sans s’attarder sur de longs adieux. Bien que tous ses habitants fussent sympathiques et chalereux de par leur attitude, le demi-drow sentait bien qu’il n’était pas fait pour passer sa vie parmi les humains. Le voyage s’était déroulé tranquillement. En effet, maintenant que le jeune métis était seul sur les routes, il ne lui servait à rien de se presser. Le voyage jusqu’à Marvem s’était déroulé sans histoires, ne dormant dans des auberges qu’en cas de pluie, et voyageant à pied en découvrant les paysages d’Erlatis.
Une fois la cité atteinte, sa bonne conscience et sa raison lui avait insufflé de se diriger vers le district des métis afin de rencontrer d’autres gens de sa condition.

Ce fut alors qu’il avait repéré un groupe d’elfes noirs. Instantanément, son cœur s’était accéléré tandis qu’il avait entreprit de les suivre, obéissant à une sorte d’étrange et incontrôlable fascination pour cette espèce qui était la source des plus grands maux dont ils souffrait en ce moment. Ainsi s’était-il retrouvé dans les souterrains de Marvem au milieu d’une foule de Drows. Il y en avait une quantité dont le métis n’aurait sans doute pas été capable d’imaginer l’existence avant de l’avoir vue. Ne sachant plus trop lesquels suivre, il se résigna à marcher dans le sens d’un courant continu de monde constitué de races de toutes sortes se dirigeant dans un large couloir.

Voici comment Nedland Uzuln réussit à se retrouver, par hasard, parmi le public du Fal’Loram, observant l’arène depuis une série de marches situées au fond de la salle. Il détailla longuement le Vork qui se tenait à l’intérieur des barreaux, tourné vers une porte close, mais dont on devinait sans peine qu’elle n’allait pas tarder à s’ouvrir. Le combattant qui attendait à l’intérieur de l’arène était calme, lui aussi, se contentant de saluer la foule qui l’acclamait tandis que la salle se remplissait peu à peu. Cette ambiance, bien qu’il se doutait que l’évènement ne fut pas légal, ne dérangeait pas le moins du monde le métis. Il sentait cette euphorie due à une soif incontrôlable de sang parfaitement à sa convenance.

Soudain, l’arbitre annonça l’arrivée de l’actuel champion en titre. La porte s’ouvrit, laissant le passage à un mort-vivant. Celui-ci avait l’air en admiration devant un si grand public. Nedland se plaqua une main devant les yeux. Cela ne pouvait être possible! Ce « Machin » ne pouvait faire de mal à une mouche, cela se voyait dès le premier coup d’œil rien qu’à son attitude et à sa démarche, sans même avoir besoin d’entendre ses paroles, qui de toute façon, étaient couverte par le bruit des spectateurs. Nedland avait sûrement atterrit dans une sorte de foire ridicule, ou autre… Quoique la foule ne s’en calmait pas pour autant.

Ce fut alors que (Nedland soupira de soulagement) le véritable champion arriva. Il correspondait parfaitement à l’idée que l’on pouvait se faire d’un combattant hors pair: tout de noir vêtu, quelque chose d’étrange dans le regard procurant un sentiment de petitesse par rapport à cet homme, tout en lui inspirait le respect. Nedland ne pu s’empêcher d’en admirer ce combattant. Toutefois, quelque chose clochait dans tout ceci. La foule, plutôt que de pousser des cris de joie, plutôt que d’acclamer ce champion, s’était mise à huer le nouvel arrivant. Pourquoi n’appréciait-elle pas la valeur de celui-ci? Voilà qui était étrange.

Le combat commença, l’excitation du métis augmenta… pour disparaître cinq secondes plus tard, lorsque le corps du Vork retomba sur le sol, inerte. Pourquoi l’avoir tué tout de suite? Une série de sentiments divers traversa son esprit: Frustration, déception, compassion… Il comprenait les huées à présent.
L’odeur du sang se diffusa rapidement dans l’air ambiant. L’euphorie des Drows présents modifiait l’atmosphère ambiant, facilitant cette diffusion et accentuant le phénomène. Si bien que Nedland ressenti soudain une irrépressible envie de rejoindre le groupe de Drows qui se pressait pour eux aussi goûter au sang du Vork. Était-ce la faiblesse de celui-ci ou la puissance de son adversaire qui avait mené à un combat aussi court? Si lui-même avait été dans l’arène, aurait-il fait duré le combat plus longtemps? Aurait-il ressenti la même déception?
Le jeune homme se fraya un chemin jusqu’au bord de l’arène. Non loin de la mêlée au centre de laquelle se trouvait la Drow couverte de sang, se trouvait des marques toutes fraîches sur une pierre, tout le sang ne s’était visiblement retrouvé sur le corps de l’elfe.

Irrésistiblement, Nedland approcha son visage de la marque. L’attrait du sang amplifia la rougeur de ses yeux. Sans doute poussé par l’atmosphère ambiante et par sa nature Drow, il passa sa langue sur le sang encore frais. La sensation qu’il éprouva par la suite fut d’un goût nouveau pour lui, quoique légèrement similaire à celle qui le prenait sous l’effet de l’alcool. Cette fois, sa raison, effrayée par cette attitude, partit se réfugier dans un coin au fond de son esprit, laissant totalement place à une envie de revanche contre ce chevalier qui n’avait pas prit la peine de faire durer le combat, venger la déception qui prenait la foule à chaque affrontement. Après tout, quoi de mieux pour commencer sa vie dans ce monde hostile qu’une victoire au grand jour? Lorsque l’arbitre, qui se trouvait à côté de lui, s’adressa à la foule, invitant les spectateurs les plus téméraires à venir se mesurer au grand champion, Nedland se fit immédiatement remarquer. Certes ce n’étaient pas les prétendant au titre qui manquaient, mais, se trouvant tout près de l’homme, il réussit à se faire choisir avant que d’autres ne l’atteignent pour lui faire part de leurs "ensées" si il ne les choisissait pas pour le prochain combat.

Ainsi le métis se retrouva-t-il dans l’arène, calme tandis que sa raison pointait le nez au dehors de sa cachette pour lui expliquer gentiment que son attitude avait été légèrement téméraire. Il la refoula en se répliquant à lui-même que, quoi qu’il ait pu faire, il n’avait plus aucun moyen de reculer. Maintenant une expression de détermination, il ôta sa cape, laissant ses armes accessibles à ses mains tandis qu’il réfléchissait à la stratégie qu’il allait adopter. Il garda une main près de son arc, l’autre près de ses flèches, mais sa dague et son bouclier étaient justes à côté si il s’avérait qu’il n’était pas assez rapide pour tirer. Il se sentait capable de battre son adversaire. Mais peut-être était-ce là la force de celui-ci. Il chercha quelque chose à dire à l’autre combattant, mais ne trouva pas de mots appropriés à la situation, sans compter que le métis trouva une utilité non négligeable au mort-vivant qui l’accompagnait : déconcentrer l’adversaire. Il se résigna donc à attendre que le chevalier dise ou fasse quelque chose, mais celui-ci ne fit aucun geste et aucun son ne sortit de sa bouche.

N’y tenant plus et d’un geste se voulant le plus rapide possible, Nedland banda son arc et visa le cou du chevalier. Le calme de celui-ci l’avait déstabilisé et une impulsion démesurée due sans doute à son jeune âge lui avait laissé entendre que si il n’en finissait pas immédiatement, les chances qu'il réchappent à ce combat passeraient de "très minces" à "Inexistante".
Le temps sembla se figer. Le métis voyait la flèche s’éloigner de lui au ralenti, poursuivant sa course folle vers sa cible, ses plumes repliées derrière elle sous l’effet de l’air tel un rapace fondant sur sa proie, les ailes en arrière, les serres en avant, prêt à frapper…

____________________________________
Des idées?
En attendant, vive tektek: Image
Xan
Chevalier Noir

Offline

Joined: 26 Sep 2006
Posts: 1,277
Localisation: Arène
Âge: 10023
Race: Ange Déchu
Classe: Chevalier noir
Niveau: 12

PostPosted: 27/11/2007 19:48:41 Reply with quoteBack to top

[Bon, la qualité devenant de plus en plus pathétique j'ai raccourci. -_-']



Xan était sur le point de se rendormir lorsque le commentateur vint lui annoncer qu’il avait déjà un nouvel adversaire. Contrarié, mais toujours impassible, le déchu se leva. Son regard froid et interrogateur vrilla celui de l’organisateur qui ne savait plus où se mettre, mal à l’aise. Il expliqua que le combat suivant était retardé et qu’on avait donc demandé des volontaires pour tenter d’affronter « le champion ». Pour les faire patienter. Et qu’il était désolé du dérangement. Et qu’il toucherait plus d’argent s’il voulait bien le faire pour rendre service… Toujours aussi réceptif qu’un glaçon, l’ange se dirigea vers l’arène.
 
« Attendez, l‘interrompit le Drow. Heu, à propos de votre adversaire… Si vous gagnez… enfin, je veux dire, quand vous aurez gagné, se précipita-t-il de corriger en croisant le regard de son inquiétant gagne pain, évitez de le tuer… heu… s’il vous paît. Parce que… heu… c’est peut-être un noble et… ça entraînerait tout un tas de complication et…
-En quoi est-ce que ça me regarde ?
-Et bien… A part peut-être le fait que vous vous feriez agresser par toute la foule, la majorité des Drows vous poursuivraient jusqu’à votre mort… »
 
L’ange déchu laissa échapper une exclamation de méprit. Toute une foule de Drows en colère ne l’effrayait pas. Toute une armée même. S’il voulait réellement affronter un Dieu, ce serait un entraînement à peine valable. Mais il avait déjà suffisamment à faire avec les démons que lui envoyait régulièrement Kelgronos. Il songea au dernier  qui l’avait agressé, pas plus tard que le matin même, alors qu’il allait s’acheter de quoi manger. Pas plus coriace que les autres. Le déchu se demandait pourquoi le Dieu du carnage ne lui envoyait pas des démons du calibre de Rennax, voir Gaïos ou Ocelys. Il en avait sûrement sous la main, et le guerrier noir aurait été dans une position beaucoup plus délicate. Mais en y réfléchissant, la divinité avait déjà perdu le contrôle sur trois d’entre eux, prouvant encore une fois qu’elle était loin d’être infaillible. Ce qui signifiait sans doute qu’il avait peur d’en perdre d’autres. Et puis si une nuée de démons de l’Autre Lieu déferlaient sur Erlatis en n’en faisant qu’à leur tête… Enfin ce n’était pas le moment de penser à ça. Le chevalier noir entrait dans l’arène, sans avoir vraiment répondu à son hôte. Enfin, il se posta face à son adversaire. Un Drow à l’évidence très jeune, plus petit que l’ange, portant un arc, une dague et un bouclier. Le regard terne du déchu ne changea pas. Encore un débutant appâté par la richesse. Le duel ne durerait que quelques secondes. Alors autant le laisser prendre l’initiative…
 
Le déchu ne broncha pas, tandis que Dale, dans son dos, gesticulait dans tous les sens, hurlant des encouragements qui semblaient agacer l’Elfe noir. Ce dernier finit par faire le premier pas. D’un mouvement plus vif que Xan ne l’aurait cru capable, il arma une flèche, banda la corde et décocha. Le trait était rapide, précis, se dirigeant droit sur son cou. Il visait les points vitaux. Finalement il n’était peut-être pas aussi nul que ça. Mais il faudrait qu’il se lève bien plus tôt que ça pour surprendre le déchu. La différence d’expérience était… accablante. Le sombre paladin combattait depuis des années sans relâche. Ce Drow là avait tout l’air d’un oisillon à peine sortit de son nid. L’ange noir s’était déplacé juste avant que la flèche de parte, juste assez pour l’éviter. Elle frôla la gauche de sa gorge, ce qui était voulu. En faisant le moins de mouvements possibles, en se déplaçant sur les plus courtes distances, il pouvait attaquer plus rapidement. Il fit donc un pas de côté, puis trois pas rapide en avant, afin de se retrouver à portée de l’Elfe. Ce dernier avait lâché son arc pour tenter d’attraper rapidement sa dague et son bouclier. Mais le poing bandé du chevalier s’écrasa au creux de son estomac. L’agressé fut plié en deux, crachant un joli jet de salive, avant de prendre le poing droit cette fois dans la joue gauche. La violence du choc le jeta au sol. Xan se redressa et s’immobilisa. C’était terminé. Il y avait du potentiel, mais c’était encore loin d’être suffisant pour vaincre le déchu. Pas après les trois ans qu’il venait de passer…

 
 
********** 
  « Qu’est-ce que vous faites là ? Qu’est-ce que vous voulez ?
-Et toi, le vieux, qu’est-ce que… »
 
L’ange noir l’interrompit d’un geste de la main, songeant qu’il n’était peut-être pas sage de laisser parler le squelette givré en cette situation.
 
« L’hospitalité. Pour cette nuit seulement. Demain à l’aube, on s’en ira.
-Hors de question, répondit le vieillard du tac au tac. Filez d’ici. C’est ma propriété et je ne vous y autorise pas à y demeurer.
-Allez, vieillard, sois gentil et laisses nous dormir là ! On est vachement fatigué ! Si t’acceptes, je te conterai nos exploits et alors là tu vas…
-J’ai dis : dégagez ! »
 
Les sourcils broussailleux de l’ermite se froncèrent à un tel point qu’ils se rencontrèrent entre ses yeux. En temps normal, le déchu n’aurait pas insisté, devant tant d’animosité. Il n’avait aucun intérêt à s’engueuler avec un vieil homme alors qu’il aurait pu dormir ailleurs. Mais en l’occurrence la nuit tombait, il n’avait pas la moindre idée de l’endroit où il se trouvait, ni de combien de temps il lui faudrait pour retrouver une route, et pire encore, des nuages aussi noirs que la nuit se profilaient et ne laissaient rien présager de bon. Il n’avait donc pas tellement le choix, il devait passer la nuit dans cette masure.
 
« Désolé, dit-il avant que Dale n’ait pu protester, mais je n’ai aucune autre endroit où dormir et je ne veux pas finir trempé. Je vais donc devoir abuser de votre hospitalité. Que vous le vouliez ou non. »
 
Son regard froid et terne s’éclaira soudain d’une lueur menaçante. Mais le vieillard ne se démonta pas et tandis le bras pour attraper quelque chose apparemment accroché au mur près de la porte. Il en sortit une belle épée d’argent à deux mains, avec laquelle il tenta de frapper le chevalier. Ce dernier esquiva de justesse le coup d’un pas de côté, et Dale finit coupé net en deux.
 
« Oh…, fit-il, résigné après que son crâne ait heurté le sol. »
 
Le déchu examina le vieil homme. Comment un homme d’âge aussi avancé pouvait bouger si vite, en portant une arme si lourde ? Il avait été à un cheveu de se faire décapiter. Il remarqua alors pour la première fois que l’ « homme âgé » était loin d’être faible. Il possédait de beaux restes des muscles qu’il avait du posséder dans sa jeunesse et son corps était bien bâti. Le regard mauvais qu’il lançait à l’ex paladin avait de quoi faire froid dans le dos. Mais il semblait penser que son avertissement avait été suffisamment efficace car il resta immobile avant de dire :

« Et maintenez, allez vous en.
-Je te préviens, vieillard. Je ne me retiendrais pas. »
 
Pour toute réponse, Xan reçu une exclamation de méprit. Le vieil homme sortit et ferma la porte derrière lui. Il s’écarta ensuite de sa maison, de peur qu’elle subisse quelques dégâts du combat qui allait suivre…
 
*********** 
  L’ange noir fut expulsé de force de ses divagations par ses sens, qui lui hurlaient tous en cœur de ne pas rester planté là comme un abruti. Il se déplaça in extremis sur sa gauche pour esquiver la dague de son adversaire. Il avait été à deux doigts de la mort. D’une manière si grotesque… Il se maudit lui-même, songeant qu’il avait un peu trop tendance à laisser ses pensées vagabonder ces temps-ci, au méprit de la plus élémentaire des prudences. La dague avait d’ailleurs ripé sur les écailles de la cape au niveau de son épaule. Le déchu se retourna pour se retrouver face à un Drow passablement énervé, et apparemment déçu d’avoir manqué son coup. Il était plus résistant que prévu, finalement…

____________________________________
"Je le verrais mort... Et je sacrifierais tout pour ça."
Image
Nedland Uzuln
Rôdeur

Offline

Joined: 22 Nov 2007
Posts: 209
Localisation: Par-ci par-là
Âge: 17
Race: Demi-Drow
Classe: Rôdeur
Niveau: 5

PostPosted: 28/11/2007 22:11:33 Reply with quoteBack to top

Le rapace était sûrement aveugle.
Peu d’entre eux auraient été capables, si ils avaient disposé d’une bonne vue, de fondre ainsi tête baissée sur leur proie lorsque celle-ci disposait d’une telle force. Nedland s’en rendit compte lorsque sa flèche était à peu près à mi-chemin entre lui et sa cible, du moins entre lui et l’endroit où aurait du se trouver sa cible. Celle-ci, étrangement, se trouvait juste à côté de l’endroit prévu avant le tir, qui rata.
La panique gagna alors l’esprit du métis. Le mouvement du chevalier avait été si infime, si imperceptible, qu’il ne l’avait remarqué qu’une fois le trait parti.
Son esprit, dont le doute était jusque là contenu, sembla exploser. Qu’est-ce qui lui avait prit d’être aussi téméraire? Il n’avait pas pu rester tranquille dans son coin à regarder les autres se faire tuer, plutôt que de foncer comme un idiot à travers la porte ouverte de l’arène ? Il n’y avait plus d’issue maintenant. Son adversaire le dépassait de loin en force et en expérience. Il allait sans doute le tuer comme il l’avait fait avec le Vork. Il ne pouvait même pas se rendre : le public n’épargnerait certainement pas cette marque de lâcheté. Même si son adversaire ne le tuait pas dans l'arène, il y avait peu de chance que ceux qui s’en trouvaient au dehors ne le fassent pas. Son destin était scellé, désormais. Il devait mourir dans ce lieu, ce qui constituait, en soi, une mort bien stupide pour quelqu’un d’aussi jeune.

"-Non…"

Il ne devait pas l’accepter. Il devait lutter, s’extirper de ce mauvais pas. Sa vie en valait encore la peine. Dans son élan de désespoir, il tendit ses mains pour saisir ses armes de corps à corps puis défia son adversaire de venir l’affronter, regardant l’endroit que celui-ci occupait aux dernières nouvelles (c'est-à-dire avant que le métis ait finit de regarder sa flèche se perdre derrière le chevalier). Étonnamment, il ne s’y trouvait plus. Où était-il ? Se trouvait-il dans l’arène ? S’y était-il jamais trouvé ? Tout ceci n’était-il qu’un simple rêve ? Nedland s’accrocha à cet espoir qui serait tout bonnement la meilleure situation envisageable.

Les espoirs du jeune rôdeur s’amenuisèrent avant même qu’il ait pu attraper ses armes. Le désespoir se présenta alors sous la forme d’un choc violent sur son estomac. Son adversaire se trouvait devant lui. Il ne l’avait ni vu, ni entendu venir.

*Il est décidément très rapide, trop rapide, pour ainsi dire.*

Nedland ne vit pas non plus arriver le second coup. Le sable de l’arène accueillit son corps dans la fin d’une chute magistrale. A nouveau, le temps sembla se figer. Le sable était doux, on s’y sentait à l’aise, comme sur un lit moelleux. Les lumières des torches, elles, au contraire, étaient plutôt aveuglante. La notion même de réalité devint pour ainsi dire abstraite dans la conscience du Demi-Drow, l’aidant à profiter d’un rêve qui serait sans doute le dernier.
Il sentit à nouveau le goût du sang dans sa bouche. A la différence que ce sang-là était le sien, résidu de sa blessure à la mâchoire, et non plus celui d’un Vork défunt. Il se vit lui-même, gisant aux pieds du chevalier, une plaie béante à la gorge. Il voyait les femelles Drow, aspergées et rouges de son sang, le liquide qui l’avait accompagné depuis sa naissance… Peut-être s’y trouverait-il même un autre métis qui goûterait lui aussi à son sang, avant de venir défier le grand champion. Existait-il seulement un être capable d’erreurs aussi grandes que les siennes ?

Soudain, il les vit, les ombres encapuchonnées. Elles se tenaient devant lui, dans l’obscurité, menaçantes, riant aux éclats devant son impuissance, prenant plaisir à lui faire mal, s’extasiant à chacun de ses cris. Il faisait froid, la douleur se faisait ressentir dans la moindre parcelle de son corps. Malgré tout cela, il pleurait, gémissait, dans l’espoir qu’elle lui réponde, mais totalement en vain. Elle n’était plus, et il ne le serait sans doute pas plus.
Soudain, tout disparut, les ombres s’écartèrent de lui, le haut sembla se confondre avec le bas tandis qu’un grand fracas se faisait entendre dans l’obscurité et que le sol se dérobait sous ses pieds. Puis il n’y eut plus rien. Était-ce donc cela de mourir ? Nedland en doutait. En effet, à ce qu’il savait, il était là et en vie. Bien qu’il admit n’avoir jamais été aussi proche de la mort depuis ce jour-là, jusqu’à cet instant.

Quelque chose sortit Nedland de sa rêverie. Il avait sûrement été fort sonné par les coups du chevalier. Lui aussi semblait dans le même état que lui, à la différence qu’il se tenait debout. Toutefois, ce qui l’avait ramené à la réalité était moins l’inaction de son adversaire que les cris de la foule de spectateurs. Le métis prit alors conscience de sa situation. Il était toujours couché sur le sable. Toutefois, le public semblait différent de l’autre fois. Au lieu de huée étaient des cris d’excitation. Il était rare que, depuis que le chevalier avait commencé à fréquenter le Fal’Loram, un combat durât aussi longtemps.
Les Drows, tout comme les autres créatures qui regardaient le combat, manifestaient un intérêt tout particulier pour celui-ci. En effet, l’espoir pour lequel ils venaient chaque jour venait à se rapprocher : le moment où le champion en titre faiblirait. Si ce combat durait plus longtemps, même si il se soldait par une victoire du même combattant que d’habitude, cela constituerait un bon signe, bien que personne n’ait su ce qu’avait demandé l’arbitre au chevalier. Il était évident qu’ils étaient impatients de voir la suite de cette confrontation. Nedland entendit bien profiter de la rêverie pour tenter sa chance de s’en sortir indemne de ce combat.

Le rôdeur sentit le contact de quelque chose de froid à la base de sa nuque. Sa dague était toujours sur son dos, et son bouclier aussi. Il jubila en voyant que son adversaire l’ignorait totalement. C’était donc possible ! Il avait une chance de remporter cette victoire. Tout ce qu’il avait à faire était de frapper vite et bien. La victoire était à portée de main et ce serait encore la meilleure façon de s’en sortir.

D’un bond agile, le Demi-Drow se leva, dégaina son arme et l’abattit en direction de son adversaire.
Il existe trois raisons pour lesquelles un combattant pourrait s’engager sans crainte dans cette arène : Soit il est fou, soit il ne craint pas la mort le moins du monde, soit il est sûr de gagner. Dans le cas du métis, cela se rapprocherait de la folie plutôt que d’une autre raison, même si il s’agissait d’une folie temporaire. Le cas du chevalier était plus complexe, mais tout portait à croire que la peur de la mort l’atteignait infiniment moins que la certitude de la victoire. Et à voir son regard, il ne donnait l’impression d’une folie que très limitée.

Toujours fut-il que l’adversaire du métis sortit de sa rêverie une fois de plus et esquiva l’attaque du Demi-Drow. Pire encore : Il l’esquiva de justesse, d’un mouvement totalement dépourvu de grâce. La lame coura le long de la cape du chevalier, mais le corps de celui-ci n’était déjà plus sur la trajectoire du coup qui avait failli lui être fatal.

Nedland se retrouva derrière son adversaire, visiblement vexé. Il n’avait pas l’air d’avoir apprécié cette attaque surprise. Le métis pesta contre lui-même. Il avait une fois de plus été beaucoup trop impulsif. Il voyait sa victoire s’éloigner et envisagea de tenter de la rattraper, mais il était ébloui par la grande lumière qu’il ne manquerait pas de voir d’ici peu et qui se rapprochait de lui à grande vitesse.

*Comment ai-je pu être aussi bête ?*

Aussi bête ? Pouvait-on en être sûr ? La mort était-elle si horrible qu’on le croyait ? Y avait-il matière à la redouter ? Il était à la fois étrange et d’un autre côté normal que Nedland puisse seulement se préoccuper de ces questions au beau milieu d’un combat. Il fallait qu’il en ait le cœur net avant de se lamenter sur son destin aussi vite. Or se trouvait dans cette arène, à moins de cinq mètres de lui et dans la direction opposée au danger, un squelette mort mais visiblement vivant vu son amour de la parole. Lui le savait et en parlerait sans doute avec joie. Après tout, si l’on doit mourir, autant savoir si on était sensé faire quelque chose de son vivant pour savoir si on a réussit sa vie ou non.
Sachant que, de toute façon et vu le niveau de son opposant, il n’avait aucune chance d’en réchapper par son expérience au combat, il baissa sa garde et se précipita vers le mort-vivant.

"-Il faut que vous m’aidiez! D’après vous, cela vaut-il la peine que je meure ici et maintenant?"

Sa voix se faisait haletante sous l’action du stress. Il fit immédiatement face à son adversaire qui s’approchait, la mine grave. Le coup de Nedland lavait du lui faire retrouver son sérieux. Il allait sûrement se comporter de façon infiniment moins "gentille" qu’avant…

____________________________________
Des idées?
En attendant, vive tektek: Image
Xan
Chevalier Noir

Offline

Joined: 26 Sep 2006
Posts: 1,277
Localisation: Arène
Âge: 10023
Race: Ange Déchu
Classe: Chevalier noir
Niveau: 12

PostPosted: 03/12/2007 23:18:59 Reply with quoteBack to top

Dale, dit le Poète Timbré, était en train de s’occuper en vantant ses exploits martiaux à un groupe de jolies Drows, qui elles, n’attendaient que leur chance de recevoir un peu de sang. Le squelette, ne s’intéressant pas à un combat perdu d’avance, discutait, ou plutôt monologuait, avec le petit groupe, insensible à leurs diverses tentatives pour le détruire. Les Elfes, se rendant compte que c’était tout simplement impossible, décidèrent de l’ignorer, mais pour quelqu’un de non habitué, c’était une tâche difficile. Surtout lorsque le mort-vivant se lançait d’une voix stridente dans l’une de ses compositions.
 
« …Rando, le héros,
Se trouvant toujours si beau,
Décida qu’il était temps,
De fuir l’ire de sa maman,
Et lorsque enfin… »

 
Il fut interrompu bien inopinément par l’adversaire de son « compagnon ». Le jeune Drow paraissait presque paniqué, et cela se comprenait, pour le zombi, et s’adressa à ce dernier, qui eut l’air étonné qu’on vienne réclamer sa sagesse.
 
"-Il faut que vous m’aidiez! D’après vous, cela vaut-il la peine que je meure ici et maintenant?"
 
Le mort-vivant marqua un temps d’arrêt, regardant autour de lui pour vérifier que c’était bien à lui que l’on s’adressait, puis, bien que son visage ne puisse exprimer la moindre émotion, parut rayonner lorsqu’il répondit enfin :
 
« Mon ami, vous savez, il ne vaut jamais la peine de mourir, comme disait l’oncle Arny. Bon, j’suis pas tout à fait d’accord moi. Quand on s’appelle Vargas, par exemple, mieux se laisser crever comme un chien. Bon, maintenant, je suppose que vous n’êtes pas de sa famille, et que vous ne méritez pas un tel sort. A moins, évidemment, que vous soyez du même genre d’individus ; Mais ça m’étonnerait. Vargas, avec votre niveau, n’aurait jamais osé défier Xan, d’après ce que j’en sais. Il était horriblement lâche, ne sortant jamais de sa précieuse tour… C’est comme cette histoire de gobelin qui est mort en restant bouclé chez lui. Vous la connaissez ? Il faut absolument que je vous la raconte. Donc, c’était un gobelin, et… Oh, puis non, on a pas le temps, je dois terminer vite, sinon vous allez mourir avant que je ne vous ai répondu clairement. Je vois Xan qui s’impatiente derrière vous. Donc, vaut-il la peine de mourir. Je ne crois pas. Tant que vous avez un but dans la vie, un rêve, il faut le poursuivre, et même si pour cela vous devez défier la mort en face et la vaincre elle-même. (Un silence). C’est joli non ? C’est un ami qui m’a inspiré ça. Vraiment, je suis doué, non ? Hein, les filles, que je suis doué ? »
 
Et sur ce, il se tourna vers le groupe de Drows avec lesquelles il tentait, malheureusement pour elle, de flirter. Pendant tout ce temps, Xan était resté debout derrière son adversaire. Il n’avait pas spécialement envie de l’attaquer dans le dos. Et puis de toutes façons, il n’avait plus du tout envie de l’attaquer. Le combat allait se terminer. Le Drow finit par se retourner. L’ange noir, toujours désarmé, ne broncha pas. Son ennemi semblait hésiter. Il se décida donc à ouvrir la bouche pour el première fois depuis que leur combat avait débuté.
 
« Et bien vas y. Affronte la mort en face… »
 
La main qui raffermit sa prise sur la poignée de la dague montrait que le jeune Elfe noir avait comprit. Et il se jeta en avant. Le déchu attendit le dernier moment pour esquiver, de façon à ce que la lame lui égratigne très légèrement la joue. Puis il recula. De la main droite, il essuya la perle de sang apparue, tachant de rouge les bandages entourant ses mains. Puis, de sa voix grave et froide, il annonça à l’« arbitre » :
 
« J’abandonne.
-Quoi ? s’exclama celui-ci ? Qu’est-ce que vous dites ?
-J’abandonne. C’est lui le vainqueur.
-Mais… vous êtes sûr que… »
 
Mais le guerrier fendait déjà la foule, en direction de la sortie, n’ajoutant plus un mot. S’en apercevant, Dale parut s’affoler.
 
« Oulah ! dit-il. Excusez, mesdames, mais l’appel de l’aventure m’appelle. Peut-être à une prochaine fois. »
 
Il tourna le dos aux Elfes, ne pouvant voir leurs expressions de soulagement. En passant à coté du nouveau champion du Fal’Loram, il lui lança gaiement :
 
« Prends bien soin de ta vie, petit. Du moins, jusqu’à ce que tu aies atteint ton but ! »
 
Et il disparut au milieu de la foule, dans le sillage créé par le chevalier.
 
Un peu plus tard, ces deux là se trouvaient dans une auberge. Attablé devant une choppe de bière, ignorant les incessants jacassements du Poète fou, Xan était plongé dans ses pensées.

 
********** 
  Le déchu et le vieillard étaient face à face, le crâne de Dale, quant à lui, gisait près de la porte, hurlant des encouragements dont l’ange se serait bien passé. Il sortit de son dos Ragnarok, l’épée de la légende, l’énorme lame plus grande et presque aussi large que lui-même. Les sourcils broussailleux du vieux guerrier se haussèrent légèrement. Sans doute l’avait-il reconnue. Mais ça ne sembla pas l’impressionner plus que ça, puisqu’il se jeta en avant, traînant son épée à deux mains derrière lui. Il se déplaçait à une vitesse surprenante, pour quelqu’un de son âge, et frappait même assez fort. Mais le déchu était bien plus vif et robuste encore. Il para sans problème et donna un coup de bas en haut, que son ennemi esquiva, avant de tenter un coup latéral. L’ange déchu esquiva encore puis frappa très fort dans l’arme de son adversaire, la lui arrachant des mains. Suivant une gracieuse courbe, elle finit par se planter à trois centimètres du crâne du squelette. Xan baissa Ragnarok.
 
« Vas-tu devenir raisonnable, et nous laisser dormir chez toi ? Une nuit, ce n’est pas grand-chose.
-Désolé, mais je n’aime pas la compagnie. Disparaissez rapidement. »
 
Alors qu’il parlait, il remontait également les manches de son haut, découvrant des tatouages fins, tous reliés les uns aux autres par un ou plusieurs traits. Ils ne représentaient rien de spécial, et n’évoquaient rien au déchu. Il ne pu s’empêcher de penser à des runes, cependant. Les tatouages débutaient du bout des doigts du vieil homme, et Xan se rendit compte qu’il ne les avait pas remarqué plus tôt, et parcouraient les bras musculeux de leur propriétaire, disparaissant sous ses manches retroussées, laissant deviner qu’ils continuaient sur le corps de cet étrange adversaire.
 
[color]« J’ai d’autres armes, expliqua le vieillard, énigmatique. »[/color]
 
Il fit alors un mouvement latéral du bras droit. Il ne se passa rien l’espace d’une fraction de seconde, et le chevalier noir se demanda si le vieil homme n’avait pas perdu la tête. Il sentit alors comme un courant d’air, et une grande et profonde entaille se creusa en diagonale sur son flanc. Le sang jaillit avec autant de puissance que si le guerrier s’était transformé en fontaine. Heureusement pour lui, seulement une seconde. Puis il se mit simplement à couler de la plaie béante. Comme si ça avait pu retenir le liquide de vie, la main gauche du blessé se posa sur la blessure. Les dents serrées, il lança un regard noir mais toujours glacial au vieillard.
 
« Qu’est-ce que c’était ?
-J’ai d’autres armes, répéta le vieillard, lentement, doucement. Disparaissez.
-Je veux… Ce pouvoir…
-Non.
-Si. »
 
L’ange se déplaça alors si rapidement qu’il ne laissa qu’une traînée sombre dans son sillage. Le tranchant de Ragnarok s’immobilisa tout contre la gorge du vieil homme, sans pour autant la trancher.
 
« Je veux ce pouvoir. Et vous allez me le donner…
-Très bien, répondit l’agressé, après plusieurs secondes d’hésitation. Je vais vous le donner… »
 
********* 
  
Le déchu émergea de sa torpeur, tiré violemment de celle-ci par Dale qui secouait son bras, réclamant son attention urgemment. Deux brutes avinées lui cherchaient apparemment des poux sur le crâne. Les yeux gris métal du chevalier noir croisèrent le regard globuleux du mort-vivant, interrogateurs.  
« Ils veulent me frapper, expliqua le Poète, de sa voix tremblante, haut perchée. Alors que je n’ai rien fait. »
 
Xan posa son regard glacial sur les deux hommes, qui auraient sans doute prit leurs jambes à leurs cous sans attendre, si le vin ne leur donnait pas un sursaut de courage. Ils ne paraissaient pourtant pas tranquilles, lorsqu’ils répondirent aux accusations.
 
« C’est un cadavre, c’est normal, qu’on cherche à le frapper.
-Ben ouais. M’enfin, on était prêt à passer l’éponge, puisqu’il a dit être poète.
-On voulait juste une chanson.
-Il a refusé. Alors tant pis pour lui. »
 
L’ange noir posa un regard tout aussi froid sur Dale. Evidemment, il ne refusait de chanter que si ça pouvait attirer quelques ennuis au sombre paladin. Comme s’il comprenait ses pensées, le macchabée s’empressa d’y répondre.
 
« Mais ils me font peur ! Je ne peux pas chanter dans ces conditions !
-Et bien conte, alors, répliqua froidement Xan. Les bardes racontent des histoires aussi, non ? Je n’ai pas l’intention de me faire renvoyer de cette taverne pour toi. Je n’ai pas envie d’en chercher une autre avant la nuit.
-Mais… Mais…
-T’as entendu ce qu’il a dit ! Raconte nous une histoire ! Allez !
-D’accord, d’accord ! »
 
Et le Poète Timbré parvint à obtenir de ses agresseurs qu’ils s’asseyent sur une table pour écouter son histoire. Et subrepticement, comme si l’ange était son complice, il lui glissa à l’oreille :
 
« Pour la peine, je leur raconterais une vieille histoire que j’ai entendu, et non pas une des miennes. Ca leur fera les pieds. »
 
Les yeux de l’apostrophé roulèrent dans leurs orbites. Pour ce que ça lui faisait. Il s’attendait de toutes façons à l’une de ces histoires ridicules et barbantes dont il avait l’habitude depuis que le mort-vivant l’accompagnait. Il ne s’était jamais trompé à ce sujet. Jusqu’à présent.
 
« Bon, j’vais la faire courte, parce sinon on en a pour des heures… C’était il y a des millénaires. Presque au commencement de l’univers. L’époque où même les mortels pouvaient obtenir le pouvoir d’un Dieu…
 
Alors qu’il écoutait à peine, Xan tendit soudain l’oreille. Cette histoire promettait d’être bien plus intéressante que prévu.
 
« C’est du moins ce que pensais Confilius, le mage le plus puissant ayant peuplé cette terre, à ce qu’on dit. Il aurait trouvé un moyen pour stocker d’énormes quantités d’énergies. Ces stocks, à partir d’une certaine quantité, seraient devenus autosuffisants, capable de se régénérer eux-mêmes en puisant dans le flux l’énergie qu’ils dépensent. Le flux étant une source d’énergie illimitée…
-C’est quoi le flux ?
-Je n’en sais rien… Je rapporte l’histoire telle qu’elle m’a été rapportée. Donc, je disais… Quiconque pourrait créer ces réservoirs illimités d’énergie en grande quantité pourrait, au fur et à mesure, obtenir une puissance telle qu’elle pourrait rivaliser avec celle des Dieux. Cependant, pour créer de tels réservoirs, Confilius ne trouva d’autres moyens que celui de commettre des meurtres. Des meurtres par millier. Il fallait en effet, pour ne serait-ce que créer un seul de ces réservoirs, tuer des centaines et des centaines de personnes, afin d’accumuler suffisamment d’énergie. Etant de nature pacifiste, Confilius abandonna son idée et elle tomba dans l’oubli quelques temps. Cependant, il en parla un jour à l’un de ses amis. Golenorks. Ce dernier était le guerrier le plus fort qui ait existé, et les deux amis n’entretenaient cette relation que parce qu’ils étaient rivaux. Sinon, en général, leurs points de vue étaient plutôt divergents. Golenorks fut immédiatement intéressé par les « Réceptacles », comme les appelait Confilius. Obtenir une puissance rivalisant avec celle d’une divinité… Pour lui qui ne trouvait plus d’adversaire à sa mesure, et ne vivait que pour le combat, c’était exactement ce qu’il lui fallait. Il demanda à son ami de lui confier le secret des Réceptacles. Confilius, devinant que les meurtres de milliers d’innocents n’arrêteraient pas Golenorks, refusa. S’en suivit le plus terribles des duels jamais vus sur Islatis. Et dont Golenorks sortit vainqueur. Détenteur de ce secret, il se servit d’une guerre pour le mettre en application. Après plusieurs mois et années, le guerrier parvint à créer une dizaine de réceptacles, d’après ce que l’on sait. Atteignant la puissance d’un Dieu, il s’installa parmi le panthéon, obtenant du même coup l’immortalité. Aujourd’hui encore, il serait l’un des Dieux qui nous observent depuis les cieux… »
 
Le Poète Timbré se tue finalement, une main sur la poitrine, pour donner un petit effet théâtral. Il fut néanmoins déçu de remarquer que les deux ivrognes s’étaient endormis l’un contre l’autre.
 
« Ignares ! s’exclama le non vivant, indigné. »
 
Il se rendit soudain compte de l’intensité avec laquelle le déchu l’observait. Soudain inquiet, il fit un pas en arrière.
 
« Il y a un problème ?
-Redis moi le nom du guerrier, interrogea l’ancien paladin.
-Euh… Golenorks… Pourquoi ?
-Golenorks… Golenorks…, répétait-il, semblant réfléchir… Les réceptacles… cette histoire est vraie ?
-Ben… Je pense pas… Sinon on dirait pas que c’est un mythe…
-On s’en va, finit par décider l’ange, après un temps d’hésitation.
-Quoi ? Mais je croyais que tu voulais rester.
-Non. J’ai besoin d’une bibliothèque. Une grande… »
 
Ils se leva, faisant tournoyer sa cape autour de lui, déposa quelques pièces sur la table et s’en alla, suivi par un Dale étonné et trébuchant.

____________________________________
"Je le verrais mort... Et je sacrifierais tout pour ça."
Image
Nedland Uzuln
Rôdeur

Offline

Joined: 22 Nov 2007
Posts: 209
Localisation: Par-ci par-là
Âge: 17
Race: Demi-Drow
Classe: Rôdeur
Niveau: 5

PostPosted: 06/12/2007 21:31:09 Reply with quoteBack to top

Des flashes de lumière… Des échos… La sensation de son ennemi tout proche. Nedland sentit que quelque chose se modifiait dans son esprit. Une sorte de possession incontournable, mais tout en gardant la parfaite possession de ses gestes, son corps, sentir son esprit on ne peut plus clair. De la folie ? Non… c’était au dessus de cela.
Son adversaire ne lui inspirait aucune crainte, malgré son apparence et ses intentions. Les flashes commençaient à rougir. Bientôt, tout devint rouge autour du Demi-Drow. Il ne restait plus que lui et son destin qui soient encore en couleur, parfaitement nette. Quel phénomène étrange ! Rien à regretter, rien à craindre, juste le présent à vivre.

« -Mon ami, vous savez, il ne vaut jamais la peine de mourir, comme disait l’oncle Arny. Bon, j’suis pas tout à fait d’accord moi. Quand on s’appelle Vargas, par exemple, mieux se laisser crever comme un chien. Bon, maintenant, je suppose que vous n’êtes pas de sa famille, et que vous ne méritez pas un tel sort. A moins, évidemment, que vous soyez du même genre d’individus ; Mais ça m’étonnerait. Vargas, avec votre niveau, n’aurait jamais osé défier Xan, d’après ce que j’en sais. Il était horriblement lâche, ne sortant jamais de sa précieuse tour… C’est comme cette histoire de gobelin qui est mort en restant bouclé chez lui. Vous la connaissez ? Il faut absolument que je vous la raconte. Donc, c’était un gobelin, et… Oh, puis non, on a pas le temps, je dois terminer vite, sinon vous allez mourir avant que je ne vous ai répondu clairement. Je vois Xan qui s’impatiente derrière vous. Donc, vaut-il la peine de mourir. Je ne crois pas. Tant que vous avez un but dans la vie, un rêve, il faut le poursuivre, et même si pour cela vous devez défier la mort en face et la vaincre elle-même. (Un silence). C’est joli non ? C’est un ami qui m’a inspiré ça. Vraiment, je suis doué, non ? Hein, les filles, que je suis doué ? »

Ce fut alors que le réel réapparut aux yeux de Nedland, ramené par la réponse du squelette s’adressant directement à lui. Le regard du métis s’illumina en pesant ces paroles. Le mort-vivant savait ce qu’il disait, Nedland en était convaincu.

*Il y a donc quelqu’un qui m’estime en ce monde !*

Sa vie en valait la peine. Il se devait de la défendre, quitte à affronter le plus puissant des chevaliers noirs. Celui dont il savait désormais qu’il répondait au nom de Xan ne manifestait cependant pas beaucoup l’intention d’attaquer de suite. Il se contentait de rester debout, sans trop bouger.

« -Et bien vas y. Affronte la mort en face… »

« -C’est bien mon intention… Xan. »

Il n’avait désormais plus rien à perdre. Autant faire preuve de courage en réattaquant, même si cette tentative s’avérait désespérée. L’ordre partit. Il était rapide, mais lourd de signification. Nedland pouvait ressentir le signal qu’il avait lui-même envoyé à chacun de ses membres afin que ceux-ci accomplissent ce que le métis attendait d’eux à la perfection. Le Demi-Drow était parfaitement conscient que cette action ne servirait à rien, si ce n’était effectuer un ultime mouvement gracieux avant l’inévitable départ. Le chevalier allait sans doute s’écarter et son coup tomberait dans le vide.
Toute la surprise arriva lorsque Nedland sentit ce à quoi il ne se serait jamais attendu : un contact de sa lame avec quelque chose de consistant, suivi par l’apparition d’un fluide rouge déposé délicatement sur le métal. Le jeune elfe ne comprit pas ce qui se passait, avant ce mot qui changea toute la situation, de même que tout ce qui avait bien pu se produire auparavant.

« -J’abandonne. »

L’arbitre ne fut pas le seul à répondre par un « Quoi ? » d’étonnement. Toute l’assemblée manifesta des pensées similaires. Ce jour-là n’était décidément pas comme les autres.

-J’abandonne. C’est lui le vainqueur.

*Moi… le vainqueur ?*

L’information mit du temps à être assimilée par le métis. Mais lorsqu’elle le fut, celui-ci éprouva un fort soulagement. C’était comme se réveiller après la fin d’un cauchemar. De plus, le titre de champion du Fal’Loram lui donnerait sûrement plus de prestige. Il se réjouissait déjà du moment où il rentrerait à Cathel-Heim pour raconter ça à ses amis. Jamais l’idée qu’il puisse seulement être capable d’obtenir ce titre n’avait traversé son esprit.
Déjà, Xan sortait de l’arène. Le squelette le suivit.

« Prends bien soin de ta vie, petit. Du moins, jusqu’à ce que tu aies atteint ton but ! »

*Oui, tu as raison.*

Tous les spectateurs étaient en ébullition. Un grondement comparable à celui qui précédait l’orage. Nedland ignorait sous quelle forme il se présenterait, mais il ne s’en préoccupait pas outre mesure, le plus grand danger dans l’immédiat était désormais écarté. Tout ce qu’il trouva à faire fut de bredouiller, pour lui-même, puisqu’il fut le seul à l’entendre :

« -Merci. »

Nedland reconnut alors qu’il avait une dette envers ce chevalier. Si leurs chemins se croisaient à nouveau, il entendait bien la payer.
Une fois que le métis se fut retrouvé seul dans l’arène à côté de l’arbitre visiblement abasourdi, il commença à se concentrer sur un autre problème dont il savait que, une fois qu’il l’aurait résolu, il pourrait se reposer, se détendre, et surtout quitter ce district pour lequel il commençait sérieusement à éprouver une haine et une crainte irrépressibles. Pour cela, il lui fallait, impérativement et au plus vite, quitter le Fal’Loram. Vu la nature et le comportement de la foule, cela n’allait pas être simple. Il bénéficiait toutefois d’un avantage : Elle l’estimait. Grâce à lui, le champion était maintenant parti. Et même si ce n’était pas grâce à lui, la foule s’en moquait. Une bourse vola dans sa direction, qu’il rattrapa. Sans doute un parieur heureux ou un riche satisfait. Nedland leur avait offert quelque chose pour lequel ils étaient prêts à payer très cher : la vue du sang de Xan. Même si il était présent en quantité infime, cela les satisfaisait. Le Demi-Drow prit un chiffon qu’il avait sur lui et s’en servit pour essuyer le bout de sa dague. Il le lança ensuite, encore humide de sang frais, en direction du groupe de femelles Drows que Dale avait essayé d’impressionner. Elles se précipitèrent dessus et tentèrent de se l’arracher.
Pour la première fois de sa vie, Nedland se sentit important, admiré, même si sa victoire lui avait été quelque peu « offerte ».

« -Dites-moi, l’arbitre, je ne compte pas rester, vous n’auriez pas un monstre ou autre pour me remplacer ?

-Euh… c’est un peu inhabituel, mais vu le circonstances…

-Je vous remercie. Y a-t-il une autre sortie que par le public ?

-Il y a l’entrée des champions. Tant que vous aurez votre titre, vous pouvez parfaitement en disposer.

Tandis que l’arbitre annonçait que le prochain adversaire devrait affronter un terrrrible Torama, le métis pu passer par la porte par laquelle était entré son adversaire. Il se faufila à travers les couloirs jusqu’à l’extérieur de l’enceinte, surprit d’avoir eu autant de chance. Il fut toutefois interpellé par un étrange individu à sa sortie. Son visage ainsi que tout son corps, étaient dissimulés par d’amples vêtements, mais on devinait qu’il s’agissait d’un Drow. Il était plus petit que Nedland, mais son apparence n’en était pas moins inquiétante.

« -Tu n’es pas d’ici, métis.

-Qu’est-ce que ça peut faire ?

-Je suppose que tu es au courant que tu ne mérites pas cette victoire. Par conséquent, tu as eut beaucoup de chance de t’en tirer aussi facilement.

-ça m’a servit de leçon. »

L’inconnu prit le métis par le col, sa taille ne changeant rien à sa force, et le plaqua contre la paroi du souterrain.

« -Écoute-moi ! Mes proches et moi-même investissons énormément dans cette arène sans que celle-ci perde son prestige à cause des petits prétentieux dans ton genre. Je te laisse partir parce que tu nous as rendu service en nous débarrassant de ce chevalier noir, mais ne t’avise plus de t’aventurer à nouveau par ici, ou tu auras de sérieux problèmes avec la famille Uzuln ! »

*Un cousin !*

Il savait que sa famille n’était pas très fréquentable, bien qu’il ne la connût que par ce que sa mère lui avait raconté, mais il n’aurait jamais pensé avoir un jour directement affaire à elle. Il regarda le Drow avec une expression de crainte sur le visage. Celui-ci parut satisfait de son effet, et relâcha sa prise avant de disparaître dans l’ombre. Nedland eut un soupir de soulagement avant de se diriger discrètement en direction de la surface.

*Je ne veux plus jamais voir un Drow de ma vie !*

[HRP: Si ça intéresse quelqu'un, la vie de mon perso continue ICI]

____________________________________
Des idées?
En attendant, vive tektek: Image
Display posts from previous:      
Post new topicReply to topic


 Jump to:   



Next topic
Previous topic

Portal | Index | Create a forum | Support forum | Forum directory | Legal notices | Report a violation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: All times are GMT + 2 Hours

Create by dagonfield genesis :: by nerevare